Génération X
(Illustration: Henning Studte)
Sommes-nous vraiment une « génération X » ? Des lignées de parents accusent volontiers leurs enfants d’être indifférents à la prospérité qu’eux, les aînées, ont acquis à bout de bras : « T’es vraiment né avec une cuillère en argent dans la bouche ». Cette phrase, les jeunes Européens l’ont entendu au moins une fois dans leur vie. Le terme de « Génération X », utilisé dans toute l’Europe pour désigner les enfants nés dans les années 1960 et 1970, vient du roman éponyme du canadien Douglas Coupland et caractérise une génération plongée dans l’anonymat, dépourvue de projets, d’identité et en butte avec le consumérisme d’après-guerre. Mais peut-on vraiment parler d’une « lost Generation », une « génération perdue », pour définir les jeunes des années 90 ?
Attention de ne pas mettre tout le monde dans le même sac : en Europe, chaque pays a engendré sa propre génération et le nom qui l’accompagne. En Pologne, on dit des 20-30 ans qu’ils appartiennent à la « Génération Jean Paul II » (« Pokolenie JP2 ») car depuis leur naissance, les jeunes n’ont connu qu’un seul pape et ont été profondément attristés par le décès de leur icône chrétienne.
En France, c’est la politique qui fédère les jeunes et François Mitterrand qui symbolise une époque. Alors que l’élection de 1981 marque les esprits et matérialise dans la foulée la « Génération Mitterrand », la coupe du monde de 1998 relance le débat de société sur l’intégration des jeunes de « seconde génération » : la « génération black-blanc-beur », symbole de la France multiculturelle, remporte le match et s’associe, dans l’euphorie, aux couleurs du drapeau français. Pour combien de temps ? Les Anglais existent eux aussi au travers de leurs dieux des stades, comme Beckham ou Rooney, la british « Golden generation ».
Les Allemands s’identifient plus à leur voiture : « Génération Golf », roman de Florian Illes, décrit des jeunes obsédés par les marques et briseurs de grève. Mais tous les jeunes Européens ne connaissent pas cette abondance comme le montrent les slogans formulés par la « Generación precaria », « Génération précaire », « Generazione 1000 Euro » ou de la « Generation Praktikum ». Globe-trotters, politisés, ouverts au monde, multiculturels, consuméristes ou aux budgets modestes… « L’eurogénération » a mille facettes !
L'Europe en un clic :
Anglais : « Generation X! »
Polonais : « Pokolenie JP2 »
Espagnol : « La generación de la Transición »
« Generación precaria »
Français : « Génération Mitterrand »
« Génération Black-Blanc-Beur »
Italien : « Generazione 1000 Euro »
Allemand : « Generation Golf »
« Generation Praktikum »
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